Une coexistence paisible

Angelo Scorza, correspondant de l’ITJ, s’est entretenu avec Mario Sacco. Le gérant de Hangartner Terminal Srl lui a appris que la question «intermodal ou conventionnel?» ne mérite pas une réponse dogmatique.

HangartnerMario Sacco est un manager très occupé. Douze mois après avoir pris la direction de Hangartner Terminal, il est devenu, au cours de l’été 2015, également responsable du département logistique et expédition ferroviaire de DB Schenker Italia dont fait partie la société Hangartner Terminal Srl domiciliée dans l’Interporto Quadrante Europa de Vérone. «Notre actionnaire m’a confié une mission: développer les activités ferroviaires en plus des activités logistiques traditionnelles.» En matière d’infrastructures, Hangartner dispose pour ce faire des anciens Magazzini Generali, autrefois l’entrepôt public de ce point nodal logistique du nord de l’Italie.
Ce n’est pas par hasard que Siemens va bientôt livrer huit locomotives électriques de type Vectron DC que DB Schenker a loué à Unicredit Leasing. Ces engins seront utilisés au second semestre 2016 sur le réseau ferroviaire italien.

Une start-up expérimentée
«Au fond, nous sommes une start-up bien que nous puissions nous appuyer sur une grande expertise. Nous pouvons en effet utiliser un des entrepôts multimodaux d’Europe les mieux desservis par le réseau ferroviaire», explique M. Sacco. Le défi consiste à transformer en un hub le complexe couvert offrant une superficie logistique pour l’entreposage de 45 000 m2. C’est la raison pour laquelle la société a choisi d’avoir deux fers au feu. «L’idée est de former des trains mixtes comprenant des marchandises conventionnelles et du fret intermodal», souligne M. Sacco à propos du concept.
Le début concret de tels services est fixé au mois de février. Cinq trains intermodaux, chargés de marchandises en provenance du golfe de Finlande acheminées par navigation short-sea jusqu’à Rostock, arriveront alors à Vérone. Presque tous ces trains de l’Allemagne vers l’Italie sont mis sur rail par DB Schenker. «Notre marché, c’est le corridor suédo-italien», précise M. Sacco.

Pas de guerre idéologique
Bientôt tous ces trains seront mixtes, et ce dès que des wagons conventionnels seront ajoutés aux convois intermodaux. Le credo de M. Sacco est le suivant: «Nous ne croyons pas à la contradiction opposant ces deux modes de transport. Au contraire, nous estimons que le transport conventionnel et le transport multimodal peuvent coexister paisiblement et qu’il n’y a pas lieu de se lancer dans une guerre idéologique.»
Au point de départ dans le nord de l’Europe, les infrastructures sont également adaptées à cette idée. Le fret conventionnel devrait en effet profiter du handling dans l’entrepôt intermodal de DB Schenker à Rostock: «La combinaison lui donne la vitesse intermodale alors que les coûts ne sont que légèrement plus élevés», a calculé le spécialiste du trafic ferroviaire.

Des services supplémentaires
Des trains conventionnels en provenance de la Slovaquie et des trains multimodaux polonais sont également visés. En juin, l’équipe autour de Mario Sacco a l’intention de choisir les projets les plus prometteurs.
En Italie, il n’y a pas de manque d’intérêt et d’idées. À partir de mars, M. Sacco proposera cinq ou six liaisons hebdomadaires par trains conventionnels entre Vérone et l’Interporto Campano Nola. Le fret en provenance d’Allemagne ne mettra alors pas plus de 72 heures pour rejoindre Naples.

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